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L'État vous prend chaque mois la moitié de votre salaire !

Dernière modification le 5 mars 2011 - Première publication le 1er Février 2002

 

En France, les impôts et les cotisations sociales sont si bien cachés que nous avons tous l'impression, au moins dans un premier temps, d'en payer peu, voire même, pas du tout.

On entend par exemple souvent dire que "la moitié des français ne paie pas d'impôts". On entend également  souvent dire que "personne en France ne donne plus de la moitié de ses revenus en impôts" (grace au bouclier fiscal). Le journaliste politique Jean-Michel Aphatie, déclarait ainsi le 3 mars 2011 : "il n'y a qu'une très faible probabilité pour que je verse un jour plus d'un euro sur deux à mon percepteur".

La vérité est pourtant complètement différente, opposée même. La vérité, c'est que l’Etat français nous prend tous chaque mois la moitié de notre salaire en impôts et en cotisations sociales !

 

 

Cela vous étonne ? Vous ne voyez pas comment l’Etat pourrait vous prendre chaque mois la moitié de ce que vous gagnez ? C’est pourtant la stricte vérité et vous allez pouvoir le vérifier par vous même tout de suite.

Les calculs qui vont suivre seront extrêmement simples.

Pour les faire vous-même et vérifier ainsi que l’Etat vous prend bien chaque mois la moitié de votre salaire (les salaires de votre foyer si vous êtes marié ou pacsé), il vous suffit de vous munir de votre dernier bulletin de paie (et de celui de votre conjoint donc), et de tous vos avis d’impositions de l’année dernière (impôt sur le revenu, taxe d’habitation, taxe foncière, etc…). Si vous possédez sur votre ordinateur un logiciel capable de lire les fichiers Excel, vous pourrez utiliser notre feuille de calcul. Sinon, munissez-vous d’une calculatrice.

Mais si vous ne voulez pas faire de calculs et fouiller dans vos papiers administratifs (ce qui peut se comprendre), il vous suffira de suivre les exemples suivants basés sur des cas réels (le détail des données et des calculs relatifs à ces exemples figurent dans notre feuille de calcul) :

Stéphane est payé au SMIC, soit un salaire net de 1.050 € par mois. L'Etat lui prend néanmoins chaque mois 600 € sur son salaire comme vous allez pouvoir le vérifier.

Claire gagne un salaire net de 1.300 € par mois. L'Etat lui prend néanmoins chaque mois 1.200 € sur son salaire comme vous allez pouvoir le vérifier.

Pierre gagne un salaire net de 2.800 € par mois. L'Etat lui prend néanmoins chaque mois 2.900 €  sur son salaire comme vous allez pouvoir le vérifier.

 

Quel est votre salaire ?

Pour commencer, établissons quel est votre salaire. Savez-vous combien d’argent vous gagnez par votre travail ? Savez-vous quel est votre salaire ?

Vous me répondrez sans doute que oui.

Permettez-moi cependant d’en douter. Pour ne pas connaître votre salaire, vous avez en effet une très bonne excuse : le bulletin de paie français n’a vraiment pas le mérite d’être clair sur la question (ce qui est pour le moins paradoxal pour un bulletin de paie)

D’après vous, votre salaire, c'est le salaire net ? Le salaire brut ?

La réponse est : ni l’un, ni l’autre. Vous gagnez plus que votre salaire brut, bien plus (40% de plus environ)

En effet, votre salaire, c’est tout l’argent que votre employeur est prêt à payer en échange de votre travail. En échange de votre travail, votre employeur vous verse un certain salaire brut certes, mais il paie également les charges patronales correspondant à ce salaire brut aux organismes sociaux (caisse d’assurance maladie publique, caisses de retraite publiques, etc…).

Si votre employeur accepte de payer l'ensemble de cette somme - votre salaire brut plus les charges patronales - c'est qu'il juge que le travail que vous effectuez pour lui vaut bien cette somme. Votre véritable salaire, c’est donc votre salaire brut plus les charges patronales. Autrement dit, ces charges soit disant patronales, c'est en réalité vous qui les payez.

Certains diront que ces charges patronales ne font pas partie de votre salaire, qu'il s'agit là d'un mensonge, que votre employeur ne les paie pas en reconnaissance de votre travail mais parce qu'il y est obligé par la loi.

C'est faux. Votre employeur est certes "obligé" par la loi de payer ces charges patronales. Mais il n'était absolument pas "obligé" de vous embaucher (or il savait alors parfaitement qu'il aurait à payer, en plus de votre salaire brut, les charges patronales). De plus, si votre employeur jugeait que votre travail ne vaut pas le salaire brut et les charges patronales qu'il paie pour vous, il serait parfaitement libre de vous licencier. Votre employeur n'est en effet absolument pas "obligé" de vous garder dans son entreprise.

Non, si votre employeur accepte de payer votre salaire brut plus les charges "patronales", c'est qu'il juge que le travail que vous effectuez pour lui vaut bien cette somme. Votre véritable salaire, c’est donc bien votre salaire brut plus les charges patronales. Et donc ces charges soit disant patronales, c'est en réalité vous qui les payez.

Pour calculer votre véritable salaire (salaire qui ne figure donc même pas sur le bulletin de paie français), il vous suffit d’additionner à votre salaire brut, le total de vos charges patronales qui figure habituellement en bas à droite du bulletin de paie.

Salaire = Salaire brut + Total des charges patronales

Exemples :

Le salaire de Stéphane, qui touche le SMIC, soit 1.050 € net par mois, est en réalité de 1.500 € par mois (Un salaire brut de 1.250 € plus 250 € de charges patronales). On voit ici que, contrairement à ce qui est dit partout, le SMIC est en fait déjà à 1500 € par mois.

Le salaire de Claire, qui touche 1.300 € net par mois, est en réalité de 2.250 € par mois (Un salaire brut de 1.650 € plus 600 € de charges patronales).

Le salaire de Pierre, qui touche 2.800 € net par mois, est en réalité de 5.000 € par mois (Un salaire brut de 3.600 € plus 1.400 € de charges patronales).

 

Combien d’impôts payez-vous sur ce salaire ?

Maintenant que vous connaissez votre véritable salaire, déterminons combien d’argent l’Etat vous prend en impôts et en cotisations sociales sur cette somme.

Vous payez vos impôts et vos cotisations sociales en trois étapes successives :

  • D’abord les prélèvements à la source (CSG, RDS, charges sociales).
  • Ensuite les impôts directs (impôt sur le revenu, redevance télé, taxe d'habitation, ...).
  • Enfin les impôts indirects (TVA, taxes sur l'essence, droits de mutation,...).

Nous allons voir combien d‘argent l’Etat vous prend à chaque fois.

 

Les prélèvements à la source : La CSG, la RDS et les charges sociales

Les prélèvements à la source figurent sur votre bulletin de paye.

Il y a la CSG et la RDS et l’ensemble des charges sociales. Comme nous l’avons vu, il n’y a pas de subtiles distinctions à faire. Qu’on les appelle charges salariales ou bien, à tort, charges patronales, de toute façon, c’est vous qui en réalité les payez.

Il est inutile de vous lancer dans une longue addition de tous ces montants pour savoir combien vous payez exactement de ces impôts. Ce qui vous reste de votre salaire après cette première vague d’impôts, c’est votre "salaire net" (1). Pour connaître le montant des prélèvements à la source, il vous suffit donc de soustraire votre "salaire net" à votre salaire.

Prélèvements à la source = Salaire – Salaire Net

Exemples :

Stéphane, qui touche le SMIC, soit 1.050 € net par mois, paie donc 450 € d'impôts prélevés à la source chaque mois. Son véritable salaire est en effet de 1.500 € par mois.

Claire, qui touche 1.300 € net par mois, paie donc 900 € d’impôts prélevés à la source chaque mois. Son véritable salaire est en effet de 2.250 € par mois.

Pierre, qui touche 2.800 € net par mois, paie donc 2.200 € d’impôts prélevés à la source chaque mois. Son véritable salaire est en effet de 5.000 € par mois.

 

Les impôts directs : Impôt sur le revenu, taxe d’habitation, taxe foncière, …

Les impôts directs sont l’impôt sur le revenu, la taxe d’habitation, la redevance télé, la taxe foncière, … bref, tous ceux pour lesquels vous recevez chez vous un avis d’imposition. Je ne saurais vous en donner la liste complète mais je pense que vous connaissez bien ces impôts, ceux que vous payez du moins, ainsi que leurs montants respectifs.

Additionnez donc tous les impôts de ce genre que vous avez payé l’année dernière.

Afin de déterminer combien d’impôts directs vous payez par mois de salaire, divisez le total que vous avez obtenu par 12 (13 si vous êtes payé sur 13 mois, etc…)

Impôts directs par mois de salaire = Impôts directs par an / Nombre de mois de salaire

Après cette deuxième vague d’impôts, il vous reste sur votre salaire, votre salaire net moins les impôts directs par mois.

Exemples :

Stéphane n'a payé aucun impôt direct l'année dernière. Après les prélèvements à la source et les impôts directs, il ne lui reste donc que 1.050 € sur son salaire de 1.500 €.

Claire a payé l'année dernière 1.246 € d'impôt sur le revenu et 216 € de taxe d'habitation. Elle est payée sur 12 mois. Claire, qui touche 1.300 € net par mois, paie donc 120 € d’impôts directs par mois. Après les impôts prélèvements à la source et les impôts directs, il ne lui reste donc que 1.200 € sur son salaire de 2.250 €.

Pierre a payé l'année dernière 3.821 € d'impôts sur le revenu, 116 € de redevance télévision et 216 € de taxe d'habitation. Il est payé sur 12 mois. Pierre, 2.800 € net par mois, paie donc 350 € d’impôts directs par mois. Après les prélèvements à la source et les impôts directs, il ne lui reste donc que 2.500 € sur son salaire de 5.000 €.

 

Les impôts indirects : TVA, TIPP, etc…

Vous avez payé les prélèvements à la source ? Vous avez payé les impôts directs ? Il vous reste encore à payer les impôts indirects.

Ces impôts sont extrêmement bien cachés. Ils sont partout et pourtant on ne les voit jamais ! Il s’agit des impôts sur la consommation. Nous les payons à chaque fois que nous faisons un achat.

La liste de ces impôts est longue : TVA, TIPP (taxe sur l’essence), taxe sur les alcools, taxe sur le tabac, droits de mutation (frais de notaire)… je ne saurai les citer tous.

Le principal impôt de ce type est la TVA. Sur la majorité des produits, le taux de la TVA est d’environ 20%. Cela veut dire que sur un article qui vaudrait normalement 100 euros, il faut en plus payer une taxe de 20 euros. L'article revient donc à 120 euros au lieu de 100. L'argent versé à l'Etat en TVA représente donc 16,6% de la dépense ( 20 divisé par 120 ). Autrement dit, à chaque fois que vous achetez pour 1.000 euros (6.500 francs) de produits soumis à la TVA, vous payez 166 euros d’impôts (1.100 francs).

Pour déterminer combien d’impôts indirects vous payez par mois, nous allons être obligé de faire une approximation.

En effet, selon les périodes, vous payez plus ou moins d’impôts indirects selon que vous choisissez de dépenser votre argent ou au contraire d’épargner. Enfin, selon les produits ou les services que vous achetez, les taux appliqués sont différents. Si le taux de la TVA est en général d’environ 20%, le taux de la TIPP (taxe sur l’essence) est lui beaucoup plus élevé (70% environ), certains produits sont exemptés de taxes, etc…Ce serait donc très difficile de dire exactement, combien d’impôts indirects vous payez chaque mois.

Une chose certaine en revanche, c’est que tout l’argent que vous gagnez, vous finirez bien par le dépenser un jour. Pour calculer combien vous payez d’impôts indirects en moyenne par mois, nous ferons donc comme si vous dépensiez dans le mois tout ce qui reste de votre salaire après les deux premières vagues d’impôts.

Enfin, nous considèrerons que vous payez 15% d’impôts indirects sur toutes vos dépenses.

La formule pour déterminer approximativement combien vous payez d’impôts indirects par mois sera donc la suivante :

Impôts indirects = ( Salaire net – Impôts directs par mois ) x 15 / 100

Exemples :

Stéphane qui touche le SMIC soit 1.050 € net par mois, paie donc 150 € d’impôts indirects par mois.

Claire qui touche 1.300 € net par mois, paie donc 180 € d’impôts indirects par mois.

Pierre qui touche 2.800 € net par mois, paie donc 350 € d’impôts indirects par mois.

 

L'Etat vous prend bien la moitié de votre salaire !

Vous voilà arrivé au bout de vos peines. Vous avez maintenant payé tous vos impôts et toutes vos cotisations sociales.

Pour savoir combien l'Etat vous prend au total par mois, il vous suffit d’additionner les trois montants que vous avez calculés précédemment.

Pour connaître votre "Taux de prélèvement", il vous suffit de diviser ce total par votre salaire et de multiplier le tout par 100.

Taux de prélèvement = ( Total des impôts et des cotisations sociales / Salaire ) x 100

Vous pouvez constater que vous payez bien environ 50% d’impôts et de cotisations sociales ! L’Etat vous prend bien chaque mois environ la moitié de votre salaire !

Exemples :

Stéphane, qui touche le SMIC soit 1.050 € net par mois,  paie donc bien 450 + 0 + 150 = 600 € d'impôts chaque mois. Son vrai salaire étant de 1.500 € par mois, il a un taux d’imposition de 40%.

Claire, qui touche 1.300 € net par mois,  paie donc bien 900 + 120 + 180 = 1.200 € d'impôts chaque mois. Son vrai salaire étant de 2.250 € par mois, elle a un taux d’imposition de 54%.

Pierre, qui touche 2.800 € net par mois, paie donc bien 2.200 + 350 + 350 = 2.900 € d’impôts chaque mois. Son vrai salaire étant de 5.000 € par mois, il a un taux d’imposition de 58%.

 

Comment augmenter le salaire de tous les français de 30% 

L’Etat nous prend donc tous environ la moitié de notre salaire.

Il faut néanmoins reconnaître qu’en échange, l’Etat nous rend un certain nombre de services.

L’Etat s’occupe de notre sécurité : Justice, Police, Armée (assez mal d'ailleurs). L'Etat construit et entretient des routes, des voies ferrées, des infrastructures (à grand frais). Il s’occupe de l’éducation des enfants (assez mal toujours). Il nous donne une assurance maladie à nous et à notre famille (mais une assurance pas terrible et qui ne sera sans doute plus là quand nous en aurons vraiment besoin, quand nous serons vieux). Avec un peu de chance, il nous donnera un jour une retraite (mais rien n’est moins sûr). Enfin, il s’occupe de la solidarité (mais comme l'Etat veut aider tout le monde, ce qui est idiot, et qu'il ne fait quasiment aucun contrôle, cette "solidarité publique" est malheureusement trop souvent une vaste plaisanterie inefficace et couteuse).

Tout cela n’est pas rien (avec tous les bémols que j'ai mis précedemment donc). Pour nous assurer tous ces services (de mauvaise qualité donc), il faut bien que l’Etat nous en demande les moyens, il faut bien que nous en payions le prix (et nous payons le prix fort donc).

Il est donc parfaitement normal que nous payions tous des impôts et des cotisations sociales (et même beaucoup donc).

Mais ce qui n’est pas du tout normal en revanche, c’est que nous payons actuellement les services de l’Etat beaucoup, mais alors beaucoup trop cher. Il serait tout à fait possible selon moi de réduire le coût des services aujourd’hui assurés par l’Etat de manière extrêmement importante, de 30% par exemple, et cela sans en diminuer la qualité bien au contraire.

Si l'on réduisait le coût des services aujourd’hui assurés par l'Etat de 30%, le salaire après impôts et cotisations sociales de tous les français augmenterait alors d’autant, d'environ 30%. Tous les français auraient alors l’équivalent de 4 mois de salaire supplémentaires pour vivre.

Pour savoir exactement quelle somme d'argent vous auriez en plus par mois de salaire si les impôts baissaient de 30%, il vous suffit d'appliquer la formule suivante :

Somme supplémentaire = Total des impôts par mois x 30 / 100

Vous toucheriez donc l'équivalent d'une augmentation de :

Augmentation = ( Somme supplémentaire / Salaire après impôts ) x 100

Exemples :

Stéphane, qui gagne le SMIC soit 1.050 € net par mois,  toucherait une somme supplémentaire de 180 € par mois soit l’équivalent d’une augmentation de son salaire après impôts de 20%.

Claire, qui gagne1.300 € net par mois,  toucherait une somme supplémentaire de 350 € par mois soit l’équivalent d’une augmentation de son salaire après impôts de 35%.

Pierre, qui gagne 2.800 € net par mois, toucherait une somme supplémentaire de 850 € par mois soit l’équivalent d’une augmentation de son salaire après impôts de 42%.

 

La solution est libérale

Alors que faudrait-il faire pour réduire les impôts et les cotisations sociales de 30% et augmenter le salaire de tous les français d’autant me direz-vous ?

Il suffirait selon moi de mener enfin en France des réformes libérales pour réduire la taille de l’Etat d’abord, et le rendre ensuite économe et efficace.

Vous trouverez ces réformes dans ce programme politique libéral.

 

 

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Notes :

1 - >> - Il se peut qu’il y ait sur votre bulletin de paie des prélèvements qui ne soient pas des impôts. Par exemple, vous pouvez cotiser à la mutuelle de votre entreprise, rembourser un prêt consenti par votre entreprise, etc… Ces sommes sont en général minimes mais dans le cas contraire, pour connaître précisément combien d’impôts vous payez, il vous faudra rajouter ces sommes à votre salaire net dans les calculs.

 

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Histoire de ce texte

 

L'association Contribuables Associés dénonce depuis longtemps (plus longtemps que Le Champ Libre c'est dire) la pression fiscale à laquelle sont soumis les français.

Contribuables Associés fête ainsi chaque année le jour de "libération fiscale", le jour de l'année ou les français ont fini de travailler pour l'Etat et commencent à travailler pour eux mêmes (vers le 17 juillet).

Pour calculer ce jour de "libération fiscale", Contribuables Associés fait le rapport entre les dépenses publiques et le PIB de l'année.

Mais fin 2001, un homme politique interrogé à la radio à ce propos (un certain DSK si ma mémoire est bonne) déclarait que tout ça, ce n'était que des chiffres mensongers, que les français ne payaient pas autant d'impôts, etc...

C'est de là que m'est venue l'idée de calculer combien d'impôts un salarié français paie réellement chaque mois. C'est de là qu'est venu ce texte publié pour la première fois en 2002 dans le Québécois Libre (et sur Le Champ Libre bien sur).

 

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En aout 2008, des responsables de l'association libérale "Liberté Chérie" m'ont très gentiment fait remarquer que l'idée que notre salaire, c'était en réalité le salaire brut plus les charges patronales, cette idée donc avait été défendue bien avant moi par Axel Arnoux comme le prouve le texte suivant (texte qu'on m'excusera je pense de ne pas avoir trouvé par moi-même).

 

L'extrait en question (texte du 27 octobre 1990) :

L'un des apports les plus appréciés d'Axel Arnoux a été la distribution d'une feuille de paie telle que son entreprise la pratique : pour un employé au Smic (salaire de base 5219 Francs par mois), cette feuille indique en tête les trois informations suivantes :

Vos revenus bruts avant prélèvements sociaux :

7 301 francs

Vos revenus nets après prélèvements sociaux :

4 284 francs

Prélèvements sociaux obligatoires ("charges sociales") :

3 017 francs

Ces trois nombres montrent respectivement :

1.      ce qu'un "smicard" coûte en fait à l'entreprise

2.      ce qu'il perçoit vraiment

3.      ce que lui coûte sa "protection" sociale.

Quand on voit ce que coûte la sécurité sociale au travailleur de base, on pourrait s'attendre à ce que les syndicats qui la contrôlent la gèrent avec un grand souci d'économie, et à ce que les employés qui en vivent aient à coeur de travailler à effectif minimum et rendement maximum. Le dernier rapport de la Cour des Comptes a révélé qu'il y régnait au contraire une incroyable gabegie.

Si, pour combler le déficit engendré par cette gabegie, un gouvernement (de gauche ou de droite) cherche à vous extorquer un peu plus sous le prétexte que ces prélèvements sont inéquitablement répartis sur l'échelle des salaires, ne vous laissez pas attendrir trop vite : pour un ingénieur "gagnant" 20 500 francs par mois, les "revenus bruts avant prélèvements sociaux", les revenus nets, et les prélèvements obligatoires, sont respectivement de 29 160, 16 833, et 12 325 francs !

Aux États-Unis, les employés de Chauvin-Arnoux jouissent pour leur santé d'une protection au moins égale à celle de leurs collègues français. Mais cette protection est librement négociée avec plusieurs compagnies d'assurance privées, et cette concurrence permet d'obtenir les mêmes prestations qu'en France à un coût bien inférieur. La concurrence entre les entreprises sur le marché du travail contraint ces dernières à offrir à leurs employés des niveaux de protection comparables.

 

Jacques Garello (et bien d'autres sans doute) aurait également été de la partie et c'est à eux que l'on doit, parait-il, l'expression "salaire complet" utilisée par certains libéraux pour désigner le brut et les charges patronales.

Bravo à Axel Arnoux, Jacques Garello (et aux autres) donc.

Comme j'ignorais ce qu'ils avaient fait, je ne pouvais pas le savoir, comme disait l'autre (et je ne pouvais donc pas les citer).

 

L'association Liberté Chérie a mis en ligne le site suivant en aout 2008 pour propager cette même idée.

 

 

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